La conférence Pop & Politique 2004
Page préparée par Geneviève Paul,
Bac. en Relations internationales et droit international (BRIDI), 3è année, UQAM
Stagiaire, Réseau Droits et Démocratie, octobre 2004
La conférence Pop et Politique, tenue les 1er et 2 octobre 2004, s’est déroulée dans le cadre de la troisième édition du Festival International de Musique Pop Montréal. Nombre de musiciens, interprètes, acteurs, producteurs et animateurs radio tel K-Os, Nah-ee-lah, Rosina Katsi et Davey D étaient réunis à Montréal. Tous venaient afficher leur foi en la puissance de la musique engagée dite « underground » en tant que source de changement. Ces derniers ont relevé l’importance de créer une musique qui prône les droits humains, la justice et l’équité.
Les différents intervenants, tel Aaron Lakoff, ont su rappeler avec justesse l’influence de la musique dans l’histoire, celle-ci s’étant maintes fois portée à la défense d’enjeux cruciaux tels que la paix, la démocratie et les droits humains. Les récentes manifestations de musiciens américains en faveur du vote montrent qu’encore aujourd’hui, le pouvoir de mobilisation des artistes se fait ressentir. Toutefois, soulignent les intervenants, la musique indépendante fait face, dans un contexte de mondialisation, à des difficultés grandissantes, tel le manque de visibilité médiatique et de support financier qui en freinent la diffusion.
En outre, les artistes ont réitéré l’importance de créer une musique pop qui s’inspire de leurs racines et qui contribue à faire de la musique indépendante une musique davantage significative sans être superficielle. Un changement dans les mentalités doit s’effectuer, clament les artistes. Il faut revenir aux sources, à la simplicité, tel que l’a souligné D’bi young. Sans se battre avec la musique commerciale, certains intervenants suggéraient plutôt d’encourager le dialogue entre les types de musique (pop engagé et pop commercial) comme moyen de changer progressivement les mentalités. D’bi young et Nah-ee-lah sont quant à elles la preuve vivante que la musique peut servir d’instrument de lutte ; celles-ci militant à travers leur œuvre contre le racisme, la discrimination à l’égard des femmes ainsi que les stéréotypes socio-culturels.
Tous n’ont pas les mêmes priorités et la musique pop ne parviendra pas à changer complètement le monde de demain. Or, forts de leur conviction en la puissance de cet art, les intervenants nous lancent un message clair: il faut continuer à soutenir et produire ce type de musique qui détient la puissance de transcender les frontières. La musique fera toujours partie de nous ; petit à petit, elle peut faire une différence. Utilisons donc son pouvoir à bon escient.