Au bout de deux mois, j’ai toujours peine à croire que je suis ici

Vivre et travailler à Ulaanbaatar, Mongolie

Par Lindsay Walton

Après avoir fait une demande de stage trop belle pour être vraie en Mongolie à titre d’étudiante de l’University of Victoria, j’ai eu la chance d’être choisie. Le stage consistait à passer un été à travailler au sein d’une ONG de Mongolie dans un domaine qui m’intéresse au plus haut point, sur lequel je voulais en apprendre davantage et vers lequel je prévois orienter mes études futures. Il s’agit d’un poste d’adjointe aux programmes du réseau Shelter House Network, lequel fait partie du National Center Against Violence (NCAV). Le centre est une organisation qui travaille à la prévention de la violence conjugale, des agressions sexuelles et de la violence contre les femmes, et qui fait de la sensibilisation sur ces problèmes. Programme émergent au sein du centre, le Shelter Network a pour objectif l’établissement de maisons d’hébergement pour femmes dans le pays et l’expansion des cinq maisons déjà existantes.

Au début du mois de mai, j’ai fait mes bagages et je me suis rendue à Ulaanbaatar, capitale de la Mongolie, où je demeurerai jusqu’en septembre, moment de mon retour au pays et de la reprise de mes études. Ulaanbaatar est la capitale la plus froide au monde, et comme je suis originaire de la côte ouest, je suis heureuse d’être ici pour un stage d’été et non en hiver.

Je suis ici à titre de stagiaire pour le Centre for Asia-Pacific Initiatives (CAPI) de l’University of Victoria, grâce à une aide apportée par l’Association des universités et collèges du Canada par l’entremise de son programme Étudiants pour le développement, lui-même financé par l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Au cours de mon séjour ici, je travaille au sein du Shelter House Network du NCAV à la création d’un guide des politiques et des procédures ainsi qu’au développement et à la consolidation du réseau. Je donne aussi des cours d’anglais à des clientes de la maison d’hébergement et à leurs enfants et je participe à la mise en œuvre d’un programme bénévole visant à fournir un accompagnement à l’hôpital et au poste de police aux survivantes de violence conjugale, d’agressions sexuelles et de violence sexiste. Ce programme pourra ensuite être proposé dans le cadre du service d’écoute téléphonique du NCAV.

Comme dans la plupart des régions du monde, la violence conjugale, les agressions sexuelles et la violence contre les femmes sont répandues en Mongolie, en plus d’être des phénomènes mal compris et pour lesquels on propose peu de solutions. Le NCAV travaille à la création de changements positifs. Il tente d’inciter le gouvernement à se pencher sur le problème, et l’une de ses principales réalisations a été sa participation à l’élaboration de la Loi contre la violence conjugale. En vigueur depuis le 1er janvier 2005, cette loi a permis d’aborder de nombreux aspects de la violence conjugale grâce à des subventions gouvernementales et à des associations avec des ONG ayant pour but d’accroître la sensibilisation et la compréhension des problèmes en offrant une formation aux personnes qui travaillent dans le domaine comme les travailleurs sociaux, les agents de police, les juges et les avocats. Le Shelter Network joue un rôle très important dans toutes les démarches visant à créer une société plus saine où l’ensemble des citoyens sont protégés de la violence, que celle-ci prenne place dans les rues ou à la maison. C’est un organisme dont l’intervention vise à aider les femmes, les hommes et les enfants, et je me considère chanceuse de pouvoir apporter mon aide. En tant qu’étudiante d’une université canadienne, je suis heureuse de pouvoir faire une contribution, même si c’est seulement pendant une période de temps limitée. Cette expérience m’a rendue plus consciente des divers aspects de la problématique de la violence conjugale, non seulement en Mongolie, mais aussi dans mon propre pays.

Si vous désirez en savoir davantage sur le NCAV, vous pouvez visiter son site Web à www.againstviolence.org, ou me faire parvenir un message électronique à lwalton@uvic.ca.